Outer Wilds – La Fête dans les nuages

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J’ai toujours été fasciné par l’espace. Ses distances inimaginables et ses forces titanesques m’exaltent autant qu’elles me terrifient. Mais parfois, lorsque je veux communiquer cet enthousiasme, je me heurte à un mur. Il existe des personnes que l’espace laisse froides. Et je peux comprendre : est-ce que les déserts rocailleux de Mars sont rendus plus beaux par la distance qui nous en sépare ? A quoi bon dépenser des millions pour atteindre des paysages si dépourvus de vie ? Outer Wilds répond à ces questions, en montrant ce qu’il y a de profondément humain dans ce genre d’expédition, et en nous faisant passer de la curiosité à l’émerveillement, de l’effroi à l’admiration.

Outer Wilds est donc un jeu basé sur l’exploration d’un système solaire à échelle réduite. Manette en main, on discute avec les habitants de notre village natal et on explore ensuite notre planète et ses voisines pour en découvrir les mystères. Évidemment, une partie du plaisir du jeu est basé sur la découverte, et donc en proie aux SPOILERS. C’est inévitable. Arrêtez donc de lire si vous souhaitez y jouer. Si vous hésitez encore, sachez qu’après chaque image, je ne spoilerai que 22 minutes à la fois. Rendez-vous tout en bas pour la conclusion. Vous êtes prévenus.

La première chose que je vois, c’est le ciel étoilé. Une planète suit tranquillement son orbite ; un projectile lumineux traverse le ciel. Étrange. Je me redresse, et me fais cuire une guimauve sur le feu de camp auprès duquel je somnolais. Zut, elle a brûlé. Ardoise, le mécanicien, me prend entre ses quatre yeux et me demande si je suis prêt pour mon premier voyage spatial. Son excitation est palpable : il est très fier des modifications qu’il a apportées au vaisseau—et presque sûr qu’il va fonctionner. Il ne me reste qu’à aller chercher les codes de lancement à l’observatoire, et je pourrai prendre mon envol !

En chemin, je rencontre les autres habitants d’Âtrebois, ma planète. Un gamin me prête sa fusée modèle réduit pour que je révise le pilotage de mon vaisseau. On me confie un onduloscope pour capter les signaux éloignés et j’apprends à m’en servir en jouant à cache-cache avec deux enfants. J’aide à réparer un engin coincé dans une mine un peu spéciale pour apprendre à me déplacer en gravité zéro. Tous les habitants que je croise (Arkose, Hal, Mica…) m’encouragent en ce grand jour. Le plus enthousiaste d’entre eux est sans doute Cornée, que je retrouve à l’observatoire.

Il me donne les codes de lancement pour la fusée, puis m’explique que je serai le premier Âtrien à partir avec un traducteur portable. Cela me permettra de déchiffrer la langue des Nomaï, un peuple dont on trouve les traces dans tout le système. Il a « la tête qui tourne » à l’idée de tout ce que nous allons pouvoir comprendre. Il me demande ce que je compte faire une fois dans l’espace, et je ne sais pas ; je n’ai qu’une envie, c’est d’aller au vaisseau.

Une fois dans le cockpit, je dose mal mon accélération. Zut, je me prends un arbre. Le deuxième essai est plus fructueux et je m’arrache à la gravité. Ça y est, je suis dans l’espace. La Rocaille, notre lune, est toute petite à côté d’Âtrebois. Le soleil est immense. Je décide d’aller vers Léviathe, une grande planète aquatique. J’arrive trop vite, et mes rétro-fusées ne suffisent pas à me freiner. Je me crashe dans l’eau, et sors péniblement de mon vaisseau. A la surface, une tempête cyclopéenne, une musique dramatique, une grande lumière.

Puis plus rien.

La première chose que je vois, c’est le ciel étoilé. Léviathe suit tranquillement son orbite. Je me redresse, et me dirige vers le pas de tir. « Hé, tu n’oublies rien ? » Ardoise débloque, il a oublié que j’avais déjà les codes. Je monte dans la fusée, bien décidé à réussir mon atterrissage ce coup-ci. Mon onduloscope me dit qu’il y a un autre Âtrien sur Léviathe. Ca doit être Gabbro, je peux entendre sa flûte.

Je me pose sur la petite île où il a établi son campement, perdu au milieu des flots déchainés. La gravité est plus forte ici, et Gabbro la combat couché dans son hamac. Il est content de me voir et me félicite pour mon premier vol. Lui aussi a vu cette grande lumière, mais il n’est pas bien sûr de ce que cela signifie. Quand je lui demande ce qu’il y a à voir sur cette planète, il me parle d’une autre île où se trouvent des ruines Nomaï. Il ne veut pas m’accompagner, explorer c’est fatiguant. Il préfère rester ici : son île est plutôt calme. Entre deux cyclones.

J’arrive aux ruines Nomaï. L’architecture n’a rien à voir avec ce que je connais sur Âtrebois. Tout est à la fois immense et élégant. Je trouve des outils complexes dont l’usage me dépasse. Je ne sais pas bien à quoi servait cet endroit. J’explore les ruines, et je tombe sur des écrits Nomaï. C’est une sorte de conversation au sujet d’un dispositif qu’ils construisent… un canon orbital?

Chaque participant a son idée bien à lui sur la marche à suivre, et sur les risques que le projet implique. A des siècles d’eux, je peux sentir leur ferveur, et la curiosité qui les unit. C’est contagieux. Beaucoup de questions me viennent : est-ce qu’il reste des traces de ce canon orbital ? A quoi servait-il ? Et qu’est-ce que cet Œil de l’univers dont ils parlent tout le temps ? Alors que je m’interroge tout en continuant à explorer, une musique familière s’élève, une grande lumière, puis…

La première chose que je vois, c’est Léviathe, et un projectile lumineux qui semble partir de sa surface. Ou d’un point en orbite. Ou… d’un canon orbital ? Alors ce serait ça, cette sorte de structure que j’ai vu flotter au dessus de la planète ? Il faut que j’en parle à Gabbro. Ou aux autres dont j’ai brièvement entendu les signaux. Je cours à mon vaisseau, et ignore Ardoise qui me crie de ne pas oublier les codes. Il y a tellement de choses à comprendre, sur nous, et sur ceux qui nous ont précédés.

J’enfile ma combinaison et je regarde mon journal de bord : comme dans le bureau d’un détective les lieux, concepts et mystères sont reliés sur un grand tableau. Il reste beaucoup de points d’interrogation. Je peux à peine imaginer tout ce qu’il me reste à découvrir. J’en ai la tête qui tourne. Je décolle

Fin des spoilers

Je n’ai fait qu’égratigner la surface d’Outer Wilds. Je n’ai pas parlé de ces fois où je me suis juste arrêté pour regarder un coucher de soleil, ou le ballet des planètes dans les cieux. Je n’ai pas évoqué l’angoisse quand l’oxygène se fait rare, et le soulagement quand on trouve un arbre auprès duquel respirer. Je n’ai pas non plus dit à quel point ce jeu est drôle et son ton bienveillant. Je n’ai pas mentionné sa merveilleuse musique qui m’a accompagné tout au long de cette aventure, le sourire aux lèvres.

Je n’en dirai pas plus, pour ne pas gâcher l’immense liberté qu’on nous laisse dans la manière de découvrir cet univers fascinant et ses mystères. Si comme moi vous êtes captivés par l’espace, allez-y les yeux fermés. Si ce n’est pas votre cas, vous découvrirez sa beauté à travers les yeux des Âtriens et des Nomaï, et vous aurez au passage fait des rencontres magiques.

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