2019 en cinq jeux

Ça y est, c’est la période des bonnes résolutions, des cadeaux, et des bilans de l’année (voire de la décennie, même si celle-ci ne se termine que fin 2020, et que ça fait longtemps qu’on se trompe à ce sujet). Plutôt que d’attendre de longs mois avant d’écrire des billets détaillés sur tous les jeux exceptionnels sortis en 2019, voici quelques micro-présentations pour attiser votre curiosité et peut-être vous faire faire des cadeaux de vous à vous (ou à d’autres, soyons fous).

Outer Wilds

Outer Wilds cover art

Je triche un peu, puisque j’en ai déjà parlé ici, mais Outer Wilds est le jeu qui m’a le plus marqué cette année, voire depuis toujours. Pour rappel, on y incarne un astronaute qui explore de minuscules planètes afin de percer le mystère d’une civilisation éteinte, les Nomaï. On est libre de mener cette quête archéologique comme bon nous semble, en parcourant ce système solaire miniature à bord de notre vaisseau fait de bric et de broc. Le mouvement des planètes est modélisé avec précision, mais l’ensemble n’a pourtant pas la froideur d’une simulation : on y rencontre des personnages drôles et attachants, on y ressent un vertige cosmique et historique, et on y fait cuire des chamallows autour du feu. Un jeu unique, dédié à tous ceux qui ont déjà levé des yeux curieux vers les étoiles.

Disco Elysium

Disco Elysium cover art

A partir de 2012, le jeu de rôle sur PC a vu des campagnes de financement participatif ressusciter de vieilles gloires : Pillars of Eternity (2015) et Torment: Tides of Numenera (2017) s’inspiraient ainsi respectivement de Baldur’s Gate et Planescape: Torment (1999). J’ai attendu ces jeux comme autant de messies ludiques, mais j’ai invariablement été déçu : ce genre ferait-il mieux de rester à l’état de souvenir?

Arrive Disco Elysium, premier jeu d’un collectif d’artistes estoniens qui a pour ambition avouée de révolutionner le genre. Et vous savez-quoi ? Ils l’ont fait. Exit la quête héroïque vue et revue : le monde de Disco Elysium est fictif mais d’inspiration contemporaine, et évoque autant la commune de Paris que la révolution russe ou… le disco. Exit les combats longuets de ses prédécesseurs : Disco Elysium repose quasi-exclusivement sur des dialogues. Et quels dialogues ! On y parle avec des personnages complexes et crédibles, mais on se parle aussi beaucoup à soi-même… En effet, chacune des 24 compétences représente un aspect de notre personnalité : plus on y a alloué de points, plus elle sera susceptible d’intervenir dans la conversation. Superbement écrits, ces interactions internes font que même les moments les plus anodins deviennent mémorables. Une révolution tranquille.

Baba is You

Baba is You trailer

Je ne suis pas très bon en puzzle games, mais celui-ci est tellement brillant qu’il me donne envie de m’accrocher. Baba is You s’inspire de Sokoban (1982), jeu dans lequel on doit ranger des caisses dans un entrepôt, avec une principale contrainte : on ne peut que les pousser.

Jusqu’ici, rien de très complexe. Mais contrairement aux nombreux autres clones de Sokoban, Baba is You pousse la réflexion un peu plus loin, en nous permettant d’interagir avec la logique du jeu elle-même : en poussant le mot « rock » à la place du mot « baba », le joueur incarne désormais un caillou et non le lapin éponyme. Baba is You a la marque des grands puzzle games : des règles simples, de grands moments d’incompréhension, et le sentiment d’être un être supérieur quand on comprend enfin la solution d’un puzzle.

Noita

Noita gameplay

Noita (« sorcier » en finnois) est un rogue-like aussi joyeusement chaotique que Baba is You est calme et complexe. On y incarne un magicien qui doit aller au plus profond d’un dédale rempli d’embûches, de monstres issus de la mythologie finlandaise, et de trésors en tous genres. Cet argent permet d’acheter de nouvelles baguettes magiques et de les customiser de façon très précise. Objets comme niveaux sont générés procéduralement et deux parties ne se ressemblent donc jamais. Cerise sur le gâteau explosif : les propriétés physiques de chaque pixel sont simulées. Qu’est-ce que ça veut dire en pratique ? Le bois prend feu, les liquides s’écoulent et se mélangent, les gravats s’écroulent… autant de possibilités de réactions en chaîne aussi hilarantes que meurtrières. Le monde donne l’impression d’être bien vivant et de très bien pouvoir se passer de nous. On y meurt à la chaîne en essayant d’explorer, sans jamais ressentir de frustration, et avec toujours l’espoir que la prochaine, sûr, ce sera la bonne.

Wilmot’s Warehouse

Wilmot's Warehouse promo image

Contrairement aux sokoban-likes évoqués plus hauts, Wilmot’s Warehouse n’est pas un puzzle game qui vous impose une solution unique. Au contraire, le jeu vous laisse complètement libre de vous organiser pour ranger au mieux votre entrepôt. A chaque tour, vous recevez un ensemble d’objets représentés par de petits symboles carrés plus ou moins figuratifs, et vous disposer d’un temps limité pour les organiser au mieux. Dans un deuxième temps, il vous faudra aller chercher des commandes d’objets précis, et les livrer le plus vite possible. Résultat : chaque joueur range en fonction des associations d’idées qui lui paraissent les plus pertinentes, et l’entrepôt de chacun reflète la façon dont il organise mentalement le monde. Un concept simple mais bien réalisé, qui donne un jeu aussi stressant qu’accessible et fascinant.


Voilà ! Cinq jeux marquants parmi les nombreuses perles de 2019, décidément une grande année pour le jeux vidéo. Quelques mentions honorables :

  • A Plague Tale: Innocence : infiltration médiévale sur fond d’histoire familiale et de peste noire. De magnifiques lumières, une écriture et des voix convaincantes, et des rats terrifiants.
  • Satisfactory : le jeu de construction ultime. On détruit une nature splendide afin de créer les chaînes de productions les plus optimisées pour produire toujours plus. Une sorte de grand exutoire anti-écolo.
  • Ape Out : un gorille s’échappe en tuant brutalement ses gardes, le tout sur une bande son de batterie free-jazz qui réagit à chacune de nos actions. Électrisant.
  • They Are Billions : un jeu de stratégie où l’on doit construire sa base et résister à des vagues de zombies toujours plus importantes, donnant l’impression perpétuelle d’être au bord du désastre.
  • Star Wars Jedi: Fallen Order : après de longues années de disette, enfin un jeu d’action-aventure Star Wars où on peut explorer cet univers magnifique en solo. Un jeu très correct, avec combats exigeants sans être trop punitifs.

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